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Scope 1, 2, 3 : comprendre en 5 minutes

Dans un bilan carbone, les émissions sont classées en trois catégories : les scopes 1, 2 et 3. Ce classement vient du GHG Protocol, référentiel international largement utilisé. Il évite de compter deux fois la même émission et permet de comparer des bilans entre eux (source : GHG Protocol, Corporate Standard (s’ouvre dans un nouvel onglet)).

Voici l’essentiel, avec des exemples d’atelier et d’usine.

Le principe

Une entreprise émet des gaz à effet de serre de trois façons :

  • directement, par ses propres installations ;
  • indirectement, via l’énergie qu’elle achète ;
  • indirectement encore, via toute sa chaîne de valeur : fournisseurs, clients, transport, produits.

Chaque façon correspond à un scope.

Scope 1 : les émissions directes

Ce sont les émissions qui sortent de vos installations ou de vos véhicules. Vous les contrôlez directement.

Exemples dans l’industrie :

  • gaz naturel ou fioul brûlé dans une chaudière ou un four ;
  • carburant des véhicules et engins que vous possédez ou contrôlez ;
  • fuites de fluides frigorigènes sur un groupe froid ;
  • émissions propres à un procédé (réaction chimique, fonderie, traitement thermique).

Le scope 1 est en général le plus simple à mesurer : il repose sur des consommations que vous suivez déjà.

Scope 2 : l’énergie achetée

Ce sont les émissions indirectes liées à l’énergie que vous achetez et consommez : électricité, chaleur, vapeur, froid fournis par un réseau.

Vous n’émettez pas ces gaz chez vous. Ils sont émis chez le producteur d’énergie. Mais ils existent à cause de votre consommation, donc ils vous sont attribués.

Le calcul repose sur vos kWh consommés et un facteur d’émission du fournisseur ou du réseau. Deux méthodes de calcul coexistent : l’une fondée sur la localisation (le mix moyen du réseau), l’autre sur le marché (les contrats d’énergie que vous avez choisis). Le GHG Protocol demande de présenter les deux résultats lorsque des contrats de ce type existent sur le marché concerné (source : GHG Protocol, Scope 2 Guidance (s’ouvre dans un nouvel onglet)).

Pour l’industrie, le scope 2 compte souvent pour les moteurs, l’air comprimé, les fours électriques et le froid.

Scope 3 : toute la chaîne de valeur

C’est le périmètre le plus large : toutes les autres émissions indirectes, en amont et en aval de votre activité. Le GHG Protocol le découpe en quinze catégories, en amont et en aval (source : GHG Protocol, Scope 3 Standard (s’ouvre dans un nouvel onglet)).

En amont :

  • achats de matières premières, composants et services ;
  • biens d’équipement achetés ;
  • transport et distribution amont ;
  • déchets générés par l’activité ;
  • déplacements professionnels et trajets domicile-travail.

En aval :

  • transport et distribution de vos produits ;
  • utilisation des produits vendus ;
  • fin de vie des produits.

Pour un industriel, le scope 3 représente fréquemment la plus grande part de l’empreinte, en particulier à cause des matières achetées. Il est aussi le plus difficile à mesurer, car il dépend de données que vos fournisseurs détiennent. Ne vous découragez pas : on commence par les catégories significatives, avec des estimations assumées, puis on affine.

Un exemple illustratif

Imaginons un atelier de mécanique fictif, à titre d’illustration uniquement.

ScopeExemple dans cet atelier
Scope 1Gaz du four de traitement thermique, carburant du véhicule de service
Scope 2Électricité des machines-outils et de l’éclairage
Scope 3Acier acheté, sous-traitance de traitement de surface, transport des pièces livrées, déchets métalliques

Cet exemple ne contient volontairement aucun chiffre : seule la logique de classement compte.

Et la réglementation ?

Les obligations varient selon la taille de l’entreprise et son secteur. En France, le bilan réglementaire d’émissions de gaz à effet de serre porte historiquement sur les scopes 1 et 2, avec une obligation de prise en compte de certaines émissions indirectes significatives. [À VÉRIFIER : contenu actuel de l’obligation de bilan GES (art. L229-25 et R229-47 du Code de l’environnement), seuils d’effectifs et périmètre des émissions indirectes — source : Légifrance / ministère de la Transition écologique] Les exigences de reporting de durabilité de l’Union européenne peuvent aussi concerner le scope 3. [À VÉRIFIER : exigences actuelles de la CSRD / ESRS E1 sur le scope 3 et calendrier d’application — source : Commission européenne / EFRAG]

Dans les faits, un client ou un donneur d’ordre peut aussi vous demander votre scope 3. C’est une demande commerciale, à traiter comme telle. Côté méthode, le GHG Protocol range le scope 3 parmi les catégories de déclaration facultatives (source : Corporate Standard (s’ouvre dans un nouvel onglet)).

Que mesurer en premier ?

Une règle simple pour une PME industrielle :

  1. Scope 1 et 2 d’abord. Les données existent, la précision est bonne, les résultats arrivent vite.
  2. Scope 3 ensuite, par priorité. Identifiez les catégories qui pèsent le plus (achats, transport, déchets), puis mesurez-les avec des hypothèses écrites.
  3. Élargissez chaque année. Un périmètre qui s’étend progressivement vaut mieux qu’un bilan unique impossible à reproduire.

Le point crucial : documenter ce que vous excluez et pourquoi. C’est la condition pour qu’un bilan reste défendable.

Les erreurs fréquentes

  • Confondre scope 2 et scope 3. L’électricité que vous consommez est en scope 2. L’extraction du combustible qui la produit relève d’un autre poste, selon la méthode.
  • Compter deux fois. Une même émission ne doit apparaître qu’une fois dans votre bilan.
  • Ignorer le scope 3 par principe. Il peut représenter l’essentiel du sujet.
  • Utiliser des facteurs d’émission périmés ou non sourcés. Chaque facteur doit être daté et référencé.

Pour aller plus loin

Comprendre les scopes est la première marche. La suivante consiste à cadrer un périmètre, collecter les données, puis bâtir un plan d’action. Notre page bilan carbone pour PME industrielle détaille la démarche et les livrables.

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